Flux

Meta

1 commentaire

Henri Vendel, Marques d’éditeurs du XVIe siècle

  1. Henri Vendel aurait pu aussi parler de ces marques d’imprimeurs qui installent l’« esprit typographique » entre image et texte. Sébastien Gryphe et son Griffon, Jean Jannon et Janus, mon préféré : Robert Granjon et son grand jonc :)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or, École Estienne, 1966

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or,
École Estienne, 1966

Le logotype constitue, quel que soit le milieu culturel, social ou géographique, l’un des signes les plus fréquemment rencontrés dans la vie contemporaine. Déchiffré facilement par un enfant ne sachant pas lire, ou interprété avec plus ou moins de facilité par le citoyen-consommateur, on peut le définir comme un signe graphique renvoyant à une personne physique ou morale (entreprise, association, organisme officiel, etc.) et dont les fonctions dépasseraient le simple symbolisme pour devenir, selon les contextes, un signe de possession, d’autorité, de validation, de certification, de protection, ou encore de prestige.

Mais le logotype est, si l’on s’en tient à la définition des dictionnaires, ce caractère mobile qui regroupe plusieurs signes de communication iconiques ou textuels (comme le lògos d’un discours intentionnel), en un objet unique permettant la reproduction multiple (à partir d’un modèle type) : c’est un glyphe devenu avec les siècles un synonyme de marque commerciale.

On peut se demander si les premières marques d’imprimeurs de la Renaissance ne constituent pas les premiers logotypes de l’Histoire d’une certaine typisation de la trace graphique1.

Le livre serait alors le premier bien commercial marqué de l’empreinte du logotype.Et il pourrait apparaître logique que l’École Estienne, reconnue en France pour la qualité de son enseignement en Arts Graphiques, offre à un public singulier & bibliophile un ouvrage dédié à cette thématique précise.

« Les éditions de l’école Estienne, constituent un patrimoine singulier, tant par la valeur de ses périodiques, Cahiers d’Estienne (recueils de travaux d’élèves, de 1934 à 1970), Typographes d’Estienne, Almanachs d’Estienne (de 1936 à 1972), que par celle des parutions occasionnelles : cours magistraux, plaquettes littéraires ou scientifiques, etc. »2

L’almanach de 1966, retranscrit ci-après, est consacré aux marques d’imprimeurs de la Renaissance française : un premier texte analyse les marques d’imprimeurs tandis que le second s’intéresse plus précisément aux imprimeurs sous le règne de François Ier. Le premier présente une analyse des variétés d’expression formelle tandis que le second se consacre à un histoire des praticiens parisiens.

L’objet original se présente sous la forme d’un in-octavo étroit de 164 pages pour un format de 103 par 186 mm, relié par un dos carré-collé, imprimé en trichromie (noir, ocre jaune & gris bleuté) sur un papier bleuté et dont la couverture offre une carte à la main plus forte. Il a nécessité le savoir-faire de 77 étudiants dont les noms sont reproduits en fin d’ouvrage. La mise en page présente la reproduction d’une marque créditée par page, alors que le texte se poursuit sur six lignes en pied de page. Henri Vendel (1892-1949), l’auteur du texte3 était à l’époque de sa rédaction inspecteur général des bibliothèques et de la lecture publique.

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or, École Estienne, 1966

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or,
École Estienne, 1966


Almanach Estienne
1966
Marques d’éditeurs du XVIe siècle
(Henri Vendel)


Les premiers imprimeurs n’ont généralement pas fait usage de marques dans leurs premières impressions. C’est ce qui explique le nombre assez restreint de celles qui nous sont parvenues. Au XVe siècle nous en trouvons dans une vingtaine de villes françaises, mais c’est surtout à Lyon et à Paris qu’elles se multiplient. Louis Polain en compte cinquante et une à Lyon et quatre-vingt-neuf à Paris. Il arrive d’ailleurs que le même libraire dispose de plusieurs marques, dont certaines diffèrent que par leurs dimensions. II arrive aussi que plusieurs libraires utilisent la même marque légèrement modifiée. Ils se contentent d’échopper un nom, ou d’enchâsser dans le bloc un fragment de leur chiffre. Tel est le cas de Guillaume le Rouge, à Troyes, qui se sert d’une gravure employée par Jehan du Pré. Jehan Lambert utilise la marque de Félix Baligault sans même échopper d’abord le prénom Félix gravé sur un écusson. Il n’est pas douteux qu’il existait alors des spécialistes de ce genre de gravures, mais aucun nom ne nous est parvenu. Tout au plus peut-on, d’après la technique de certains détails, attribuer au même anonyme différentes marques. Ainsi Polain attribue à un dessinateur parisien celles de Jehan Alexandre (d’Angers), de Pierre Levet, de Georges Mittelhus, de Mathieu Vivian (d’Orléans), d’un certain P.B. (de Genève) et C. Or (de Lyon).

Souvent la signification des dessins n’est pas moins obscure. Beaucoup de symboles ont perdu leur valeur, et nous ne voyons que fantaisies d’artistes où nos ancêtres découvraient sans doute un sens caché. Parce que nous avons égaré la clef, nous nous contentons d’admirer la composition, l’équilibre, la netteté du trait, la sobriété ou la richesse d’une marque. Cet art, qui eut des fins utilitaires, n’a plus qu’un sens de beauté. Il fut, comme tout art, soumis à la mode, et l’on peut réduire à quelques types principaux nos deux cents marques françaises :
1. Monogrammes isolés ;
2. Écussons accompagnés ;
3. Figurines.

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or, École Estienne, 1966

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or,
École Estienne, 1966

Le monogramme isolé triompha surtout à Lyon, mais on le rencontre aussi dans les autres villes. Il atteint parfois à une grande beauté, toujours par des moyens très sobres. Il y a une architecture du monogramme. La croix qui le surmonte généralement, tantôt simple, tantôt double, quelquefois terminée en 4, repose sur un cœur, sur un triangle et le plus souvent sur une sphère, qui peut d’ailleurs être formée par les lettres mêmes. Celles qui se prêtent le mieux à cette transformation sont le P (Pierre Regnault, de Caen), l’M (Mathieu Husz, de Lyon) et surtout le G (Guillaume le Rouge, de Chablis ; Guillaume Balsarin, de Lyon ; Guillaume Boisson, de Lyon). Notons au passage l’importance du prénom qui figure seul quelquefois sur la marque. De cette catégorie on peut rapprocher les initiales reliées par une cordelière dont les artistes savent tirer, des entrelacs, le plus grand parti (Jehan Belot, Genève ; Martin Havart, Lyon ; Pierre Mareschal, Lyon ; etc.).

Les marques parisiennes témoignent de plus de fantaisie. La plus ancienne, celle de Louis Martineau, se borne à reproduire la nef de la cité. Mais ensuite, quelle variété ! Un motif, toutefois, revient fréquemment, celui de l’arbre auquel est appuyé ou accroché l’écusson de la marque proprement dite que soutiennent des personnages ou des animaux généralement affrontés. Quelquefois l’arbre est ébranché (Alexandre Aliatte, André Bocard) mais, le plus souvent, son feuillage s’étale magnifiquement. Il s’orne de fleurs, de fruits, se peuple d’oiseaux. Et, de chaque côté du tronc, des fleurs s’élancent. L’imprimeur a trouvé son paradis. On arrive parfois à des compositions surchargées, comme celle de Gaspard Philippe.

Suspendu à un chêne, l’écusson portant le monogramme est accosté de deux poissons couronnés. Enroulée au pied de l’arbre, une banderole porte le nom de Gaspard Philippe et au-dessous, dans la bordure, un second écusson avec un nouveau monogramme est placé au milieu d’une scène représentant l’adoration des Mages (dont l’un, d’après la légende, s’appelait Gaspard). Nom et prénom sont d’ailleurs répétés dans la bordure supérieure. Généralement la composition est bien équilibrée et se réduit aux éléments suivants un arbre, un écusson que tiennent deux figurines. Ce motif central est souvent encadré soit par une devise, soit par des colonnes, soit par une bordure de feuillage, coupée, chez Gaspard Philippe, de petits personnages.

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or, École Estienne, 1966

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or,
École Estienne, 1966

Alors que le monogramme se détache fréquemment blanc sur noir, les graveurs parisiens utilisent plus volontiers la taille d’épargne. Certaines marques ont un fond criblé, d’autres sont tirées en rouge. Qu’il s’agisse de xylographies ou d’estampes sur métal, on peut suivre là, en raccourci, l’évolution de la gravure à la fin du XVe siècle, se détachant de l’emprise gothique et subissant déjà les influences de la Renaissance. On retrouve dans ces marques la plupart des animaux du blason, le plus fréquent est le lion maigre, debout, la tête de face ou de profil, la queue levée, droite ou ondée, la crinière abondante, souvent tirant la langue. De toute évidence, les artistes n’ont pas dessiné cet animal d’après nature (beaucoup sans doute n’en avaient jamais vu) ; ils se sont inspirés de figures héraldique.

La même remarque s’applique naturellement aux animaux de fantaisie : aux sveltes licornes de Thielman Kerver, qui tiennent du cheval et de la chèvre, comme à celles, plus épaisses, de Petit Laurens ; aux griffons de Denis Roce, comme à ceux de Jean Calvez, de Tréguier ; aux cerfs ailés de Robert de Gourmont qui portent une couronne sur le cou comme ceux de Jehan Richart, tandis que ceux de Jehan de Cowlance n’en ont pas ; aux animaux chimériques de Michel Toulouse, dont la longue langue en forme de serpent se termine par une grosse tête.
Animaux héraldiques encore les nobles lévriers de Jehan de Vingle, de Lyon ; ceux colletés de Jehan Bouyer et de Pierre Bellesculée, de Poitiers ; ceux de Simon Vostre qui n’ont pas de collier ; les poissons couronnés de Gaspard Philippe ; les béliers de Jacques Arnoullet, de Lyon, de Durand Gerlier ; les ours muselés de James Ravynell, de Rouen.

Parmi les nombreux oiseaux, le pélican des Marnef, représenté sur son aire, se becquetant la poitrine pour nourrir de sa « piété » ses petits qui sont ici, exceptionnellement, au nombre de quatre ; la chouette de Jehan Petit ; les aigles d’Antoine Vérard. Nous mettrons à part le cygne de Jean de Liège, de Valenciennes, car il est traité avec beaucoup plus de liberté, d’après nature. Deux animaux sont parfois nimbés, l’aigle et le lion. C’est qu’ils représentent alors les évangélistes saint Jean et saint Marc. Ainsi chez Pierre le Caron, chez Marc Reinhard, de Kirchheim, et Jehan Grüninger, de Strasbourg.

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or, École Estienne, 1966

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or,
École Estienne, 1966

Dans ce noble bestiaire se sont glissées d’ailleurs des bêtes plus familières. Le gros dogue colleté qui figure sur la marque de Jehan du Pré, de Lyon, ne nous paraît pas plus aristocratique que l’âne rayé de Jehan de Coblence ou les chiens pattus de Wolfgan Hopyl, ou les bœufs de Jehan Bouyer. Enfin il est un animal banni, semble-t-il, du blason, parce qu’il n’a rien de chevaleresque, et qui prend ici sa revanche. Le singe, que son intelligence recommande aux libraires, le singe est accueilli par Félix Baligault. Intermédiaires entre l’homme et la bête, voici des hommes sauvages, si fort en honneur depuis les découvertes des navigateurs. Chez Mathieu Husz, de Lyon, ils sont entièrement velus, les genoux, les pieds, les mains et le visage étant seuls glabres, et les seins chez la femme. Chez Philippe Pigouchet, au contraire, comme chez Jehan Poitevin et Michel Toulouse, les jambes et les bras seuls sont couverts de poils, l’homme et la femme étant ceints et couronnés de feuillages.

Les graveurs ne redoutent pas d’ailleurs la nudité intégrale. Elle apparaît tantôt sous la forme d’amours (Guillaume Eustace) ou d’anges (Jehan Bouyer, de Poitiers), tantôt sous celle d’Adam et d’Ève (Nicole de la Barre) ; tantôt ce sont des fillettes qui entourent le monogramme (Jean de Stalle, Genève) et tantôt des femmes aux longs cheveux (Anthoine Neyret, de Chambéry). Quant aux personnages vêtus, se sont, ou bien des saints (chez Anthoine Denidel, saint Nicolas et sainte Catherine ; chez Étienne Jehannot, saint Georges et saint Jacques; chez Guy Marchant, saint Crépin et saint Crépinien taillant du cuir dans leur échoppe de cordonnier) ; ou bien des héros de la légende, soit antiques (Jason et Médée, habillés par Denis Roce en chevalier, Médée en grande dame coiffée du hennin) soit médiévaux (Bertholde Rembolt, Jehan Mérausse).

On ne saurait oublier les négresses de Michel le Noir, accompagnant une tête de More, qui apparaît aussi chez Loys Cruse, de Genève.

Dominant la marque, dans le ciel de la gravure, des anges soutiennent les armes de France (Pierre le Caron, André Bocard ; Jehan Bouyer, de Poitiers ; Jacques le Forestier, de Rouen).

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or, École Estienne, 1966

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or,
École Estienne, 1966

Une troisième catégorie est formée de marques qui ne sont que de simples images de piété. Telle est celle où Antoine Caillaut représente son patron, livre et chapelet en main, tandis qu’un porc se promène devant la porte de l’ermitage ; celle de Baptiste Bourguet, de Rouen, représentant le baptême du Christ. Il suffira alors d’échopper le nom du libraire pour que la gravure puisse se vendre isolément. C’est ce qui advint à la marque de Claude Jaumar, qui montrait son saint patron en prières devant le crucifix. On peut rapprocher de cette catégorie
l’image du fameux « prêtre Jehan » utilisée par Guy Marchant.

Les marques sont dans la proportion d’un cinquième complétées par une devise. Celle-ci se rapporte parfois directement au dessin. C’est ainsi que Simon Pourcelet, de Tours, ayant représenté un porcelet au pied d’un chêne, enroule cette devise autour de l’arbre : « Je atens le glan à choir. » De même, Guillaume le Rouge, de Troyes, implore à genoux devant la Vierge : « Mater Dei, memento mei ». Baptiste Bourguet, de Rouen, représentant le baptême du Christ, grave autour de la scène, les mots du Père : « Ecce filius meus dilectus. » On peut encore considérer comme explicative la devise d’Alexandre Aliatte, qu’encadre un arbre, d’ailleurs dépourvu de feuillage, voire ébranché : « A fructibus eorum cognoscetis eos. »

Il arrive que le dessin fasse partie intégrante de la devise. Par exemple, Denis Mellier, qui a pour enseigne « Au pillier vert », se contente d’écrire « Au vert », et de placer un pilier entre les deux mots. Celle de Guy Marchant tient du rébus : elle est écrite à moitié en notes de musique. Mais, dans la généralité des cas, la devise n’a aucun rapport avec le dessin qu’elle se borne à encadrer. Le plus souvent elle témoigne de la piété de l’éditeur. Soit qu’il rende grâce à Dieu d’avoir achevé son œuvre, comme Jehan Bouyer et Guillaume Bouchet, de Poitiers :

En la parfin de l’euvre louer Dieu
Chacun de nous doit pour avoir sa grâce
A luy doncques pource qu’il luy a pleu
Nous donner temps de ce faire et espace.

Soit qu’il proclame l’unité de sa foi comme Jean Alexandre, d’Angers, et Robinet Macé, de Caen : « Ung Dieu, un Roi, une foy, une loy », soit qu’il s’incline dévotement comme Antoine Vérard et Pierre le Caron, de Paris :

Anthoine Verard humblement recorde
Ce qu’il tient de toi par don
Pour provocquier ta grande miséricorde
De tous pécheurs faire grâce et pardon.

Ou, comme Jehan Trepperel :

En provoquant ta grand miséricorde
Octroye nous charité et concorde.

Soit qu’il dise simplement son espoir en Dieu, comme Dominique Anselme, ou Jehan Lambert : « Jehan Lambert a espoir en Dieu. » Ou, comme Michel le Noir :

C’est mon désir
De Dieu servir
Pour acquérir
Son doulz plaisir.

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or, École Estienne, 1966

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or,
École Estienne, 1966

Pour ces oraisons, il est naturel d’employer la langue sacrée, le latin, « Sit nomen domini benedictum », s’écrient Jehan le Bourgeois, de Rouen, et les Parisiens Enguilbert, Jehan et Geoffroy de Marnef. Pareillement, Jacques le Forestier, de Rouen :

Benedicamus patrem et filium cum sancto spiritu
Laudemus super exaltemus evi secula.

Comme en tête d’une charte Jehan Philippi écrit : « In nomine Sanctae Trinitatis. »
Et ce sont également les louanges de Dieu que chantent Jehan Alexandre et Wolfgang Hopyl : « Laus, honor, virtus et gloria. »
Les éditeurs ne prient pas d’ailleurs que pour eux. Ils sont reconnaissants à qui les fait travailler. Ainsi André Bocard :

Honneur au Roy et à la court
Salut à l’Université
Dont nostre bien procède et sourt
Dieu gart Paris la Cyté.

Et Michel Toulouse : « Inclita urbis Parisia in eternum manet bonis hospiciis. »
D’autres, comme Antoine Baquelier et Antoine Caillaut se contentent de sentences religieuses : « Inicium sapiencie timor Domini ». Ou, comme Durand Gerlier: « Jhesus. Deum time, pauperes sustine memento finis. ». Nicole de la Barre cherche dans les paroles divines ce qui peut s’appliquer à son art d’imprimeur : « Hec dicit Dominus : Bene dicite et nolite maledicere. » C’est encore sentiment chrétien qui dicte cette phrase à James Ravynell, de Rouen : « Junior fui, etenim senui, et non vidi justum derelictum nec semen ejus querens panem. »
Une seule devise mentionne, au XVe siècle, une divinité païenne, celle de Wolfgang Hopyl : « Munere vivit amor, celat sua furta Venus. » Par contre, les proverbes sont assez nombreux : « À l’aventure. Tout vient à point qui sait attendre », déclare philosophiquement Denis Roce.
Laurent le Petit :

Chascun soit content de ses biens
Qui n’a sufisance n’a rien.

Pierre Regnault, de Caen, est encore plus modeste. Il adopte une devise qui scandaliserait beaucoup de ses confrères actuels « Faire et taire. » Heureux temps, où les livres n’étaient pas « la chose littéraire ».

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or, École Estienne, 1966

Recueil de quelques marques et de symboles des imprimeurs et des éditeurs de l’âge d’or,
École Estienne, 1966


  1. Cette affirmation peut être facilement contestée. Dès qu’une marque d’identité ou commerciale est reproduite par le biais d’une estampille, d’un sceau, d’un moule ou d’une matrice, nous somme tout proche du logotype. Ce développement fait partie de mes recherches personnelles. []
  2. http://www.ecole-estienne.paris/ecole/la-bibliotheque-patrimoniale/le-xxe-siecle/ []
  3. https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Vendel []

Entrevue

Beauregard