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Révolutions

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Terrain Vague حركات غير مكتملة Persistent Images

Céline Condorelli et Uriel Orlow s’intéressent aux mouvements de l’histoire, ou plutôt à ses hoquets, ses blocages, ses répétitions et ses changements de phase.

Quand, il n’y a pas si longtemps, Sophie Demay et Lola Halifa Legrand entreprennent de traduire dans les matières éditoriales l’exposition Terrain Vague حركات غير مكتملة Persistent Images : un dialogue que les deux artistes proposent à Alexandrie, une exploration des angles morts de la mémoire politique récente de l’Égypte, elles ne se doutent pas que la thématique du projet va soudain connaître une nouvelle jeunesse, alors que le printemps arabe fait à nouveau vaciller les institutions du pays.

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Le livre s’organise avec un sens certain de la théâtralité et des effets de cinétique de la page. Peut être en écho à ces phénomènes de stratification que produit le temps et qui font la structure du livre, les différents projets artistiques se succèdent en tentant de trouver à chaque cahier une organisation spécifique de l’espace de la page.

Mais laissons plutôt la parole à Sophie Demay et Lola Halifa Legrand :

L’élaboration de ce livre s’est réalisée au cours d’une conversation à quatre, entre deux artistes et deux graphistes. Une conversation qui a eu pour but de retranscrire les différentes histoires contées par ces artistes et de les faire cohabiter et dialoguer en les séquençant dans l’espace d’un livre.
Le premier chapitre du livre nous raconte l’histoire de la ‘Flotte Jaune’, des navires bloqués dans le canal de Suez au moment de sa fermeture en 1967. Le travail d’Uriel Orlow étant composé de diaporamas textuels et visuels, l’idée consistait à rester fidèle à cette narration fragmentée. Cette partie constitue une sorte de frise chronologique mélangeant images d’archives quotidiennes témoignant de la vie des marins, extraits de poèmes et titres d’œuvres ; ils sont comme des moments suspendus enfermés par des horizons immuables.

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Le chapitre suivant est une histoire contée par Céline Condorelli. Elle retrace le transport d’un cadeau, l’aiguille de Cléopâtre, de l’Égypte jusqu’à New York.
 Le déplacement d’un tel objet, si lourd, si monumental, implique de mettre en œuvre des moyens assez extraordinaires ; un bateau découpé spécialement pour pouvoir accueillir le monument par exemple. Les cartes postales se suivent en pivotant de sorte que l’obélisque, malgré son itinérance, soit toujours ‘immobile’ et central dans l’image.
Au travers de son travail ‘il n’y a plus rien’, Céline relie les traversées d’exportations de coton aux flux migratoires de l’Égypte vers l’Europe. Des photogrammes issus de films d’archives personnelles sont entrecoupés d’archives documentaires traitant de la production de coton. Construites chacune selon leur propre rythme, les deux histoires, imprimées sur différents papiers, se font échos et se confondent.
Vient ensuite un empilement de documentation sur la statue du Caire dédiée à Ferdinand de Lesseps (le constructeur du canal de Suez) collectées par Uriel lors de ses différents voyages. Ce moyen graphique retranscrit les étapes successives de l’élaboration d’une histoire par un artiste/archéologue qui trie et empile simultanément des couches d’histoire pour réécrire celle d’un monument.

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Terrain vague

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Le livre se clôt sur une discussion entre les deux artistes ponctuée d’images et d’écrits, de références qui viennent s’accrocher, au premier sens du terme, sur le fil du texte. Vient ensuite un index des projets des deux artistes qui propose un nouveau contexte à leurs images.
Terrain Vague, Persistent Images a été imprimé en Égypte, au milieu des multiples répliques de la révolution qui ont perturbé fortement sa production et réservé plusieurs surprises au niveau de son impression et de son façonnage. 
La qualité finale de l’objet, avec ses maladresses, s’en ressent inévitablement, mais il reste qu’il témoigne de l’instabilité d’un pays, qu’il est empreint d’une dimension politique qui a alors également transformé le travail des deux artistes avec lesquels nous collaborions… 
La boucle est bouclée.

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